L’Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs Saisis et Confisqués (ARGASC) franchit une nouvelle étape dans sa mission de lutte contre la délinquance économique. Entre modernisation numérique, saisies records à Kéniéba et contribution massive au fonds anticorruption, l’agence s’impose désormais comme un pilier de la gouvernance nationale.
Prenant la parole lors de la cérémonie de présentation du Rapport 2025 de la justice, lundi dernier, son DG Oumar TRAORÉ a souligné que, sous l’impulsion d’une nouvelle dynamique de gouvernance, l’ARGASC a finalisé la mise en place de ses organes de gestion essentiels, incluant un conseil d’administration et une direction générale.
Mais c’est sur le terrain de la digitalisation que l’agence joue sa plus grande carte.
Pour optimiser son efficacité, elle a lancé un vaste programme comprenant :
L’acquisition de logiciels de gestion spécialisés (ressources humaines, courrier, etc.).
La création d’une base de données centralisée et de mécanismes de gestion d’entrepôt.
Un plan de formation continue pour renforcer les compétences de son personnel.
Saisies spectaculaires
Les résultats opérationnels récents témoignent de l’intensification des activités de recouvrement. Une mission menée à Kéniéba a permis de confirmer la confiscation de biens d’une valeur considérable, illustrant l’ampleur de la lutte contre le détournement de ressources nationales.
Le bilan des saisies à Kéniéba comprend : 137 kg d’or ; 4 pelleteuses et 5 véhicules pick-up.
Au-delà de ces biens matériels, l’exécution des procédures pénales a permis d’injecter la somme colossale de 3 milliards 606 millions de FCFA dans le fonds de lutte contre la corruption et la délinquance économique.
L’ARGASC n’assure pas seulement le recouvrement, elle gère également un patrimoine immobilier diversifié.
Parmi les actifs actuellement sous sa supervision, on compte notamment un hôtel 4 étoiles (Immeuble R+5), ainsi que plusieurs bâtiments à usage professionnel ou d’habitation, dont certains sont en cours de chantier ou déjà mis en location.
Malgré ces succès, des défis subsistent.
Le principal obstacle identifié est l’appropriation des mécanismes de recouvrement par les magistrats eux-mêmes. Pour y remédier, l’agence multiplie les actions de sensibilisation dans les juridictions.
L’objectif phare de l’année est déjà fixé. Il s’agit de lancer une opération de désencombrement des juridictions via un inventaire exhaustif des scellés.
Par Abdoulaye OUATTARA
Source: Bamakomatin